« Dans Marée Noire, tout commence comme une conférence, montrant tout d’abord le niveau microscopique du pétrole illustré de sons liquides et visqueux. Puis changement d’échelle, les avions, grands consommateurs de pétrole, volent dans le ciel, c’est l’élément air qui est exploré avec beaucoup de maîtrise. Puis, soudain, les sons étouffants sous un soleil de plomb accompagnent les foreuses à pétrole, les orgues du capitaine Némo éclatent sur fond de survols des cuves, les citations fusent, « le monde va vite quand il est en feu » survolant les tours américaines maintenant détruites. L’homme souffre, transpire pour extraire ce pétrole, mais la bourse le ambe aux appels des milliardaires en avions ou en rolls… Bien sûr, l’arrivée du plastique se justi e comme nouvelle héroïne, drogue antidouleur. Les extraits littéraires sont très pertinents, et arrivent toujours pour pointer une problématique précise ou éclairer des images ambiguës, le tout interprété à l’envolée par David Sighicelli dans la peau d’un professeur d’université fou, sombre et hystérique à qui le pétrole n’a pas laissé de chance. On ne sort pas indemne de ce spectacle. Mais ce n’est pas un scénario, ni un lm, c’est notre passé humain, notre dépendance qui est mise à jour. Cette oeuvre très vive soulève tout l’intérêt des nouveaux supports audiovisuels dans l’électroacoustique. La musique de Samuel Sighicelli utilise une écriture claire et puissante, dans la lignée d’un François Bayle, Bernard Parmegiani ou Luc Ferrari. » Fréderic Serrano